RENCONTRE AVEC L’ABBÉ BOISSIER DE SAUVAGES
1ère partie
Par Alain BOURAS
Situation : dans son château du domaine de Sauvages (commune de Saint-Jean-du-Pin), l’Abbé Boissier de Sauvages reçoit de la visite : successivement Monsieur et Madame d’Esnault, un couple de nouveaux riches en quête de recommandations destinées à favoriser leurs affaires, ensuite son valet Lapierre qui lui ramène une caisse de pierres, que l’Abbé identifie comme étant de la pyrite de fer. L’Abbé fait une petite leçon de minéralogie et explique tout le parti que l’on peut tirer de cette pierre.
Par la suite apparaîtra une Cévenole huguenote venant consulter l’Abbé à propos de son élevage de vers à soie.
UNE LEÇON DE MINÉRALOGIE
LAPIERRE : mais de ces pierres, il y en a des tas dans le lit du ruisseau, au-dessous de Panissière. Alors on pourrait créer là une industrie de padèles ?
L’ABBÉ : mais oui, j’y pense. Nous en avons parlé avec mon frère, le professeur de médecine de Montpellier, il est aussi le directeur (bayle) du Jardin des plantes. (1) C’est un passionné des eaux, des plantes, mais aussi des pierres, et il me donne raison : il pense que nous pouvons créer des manufactures, pas seulement pour fabriquer des poêles, mais nous pouvons faire aussi des faux, des bêches, des haches, des serpettes, des socs de charrues, que sais-je, tout ce dont les paysans ont besoin pour travailler la terre et développer les cultures qui nous sont nécessaires pour vivre… Je peux te le dire, nous avons l’intention de créer une industrie du côté du Mas de Tamaris ou de Saint Raby, ce qui donnerait du travail à nos braves cévenols, d’autant plus que nous avons ici, quasiment sous nos pieds, du charbon en quantité pour chauffer les fours… […]
Extrait d’un article du Cévennes Magazine n° 2410 du samedi 19 septembre disponible chez votre marchand de journaux ou en commande sur notre site internet.
