COCHONNAILLE CÉVENOLE - COCHON QUI S'EN DÉDIT Dominique GARREL
   04/09/2026
COCHONNAILLE CÉVENOLE - COCHON QUI S'EN DÉDIT   Dominique GARREL

COCHONNAILLE CÉVENOLE

COCHON QUI S'EN DÉDIT

 

Dominique GARREL

 

Nous poursuivons dans Cévennes Magazine nos visites estivales dans le domaine des activités agricoles avec, dans ce numéro, l’élevage des cochons et sa prolongation naturelle : la charcuterie.

C’est un sujet qui me tient beaucoup à cœur. Enfants, nous élevions des cochons que nous charcutions ; il me faut préciser ici que ma grand-mère maternelle Jeanne Pagès, avec son fils Louis, tenaient une alimentation de fruits et légumes à Barjac (30). Les périmés et invendus du commerce étaient donnés à nos cochons qui, pour le coup, étaient fort bons et bien dodus !

 

L’élevage des cochons

Dans toute famille paysanne cévenole, Il était de tradition de tuer au moins un cochon chaque année. Cette importante opération se passait toujours en hiver, saison la plus favorable à sa bonne conservation. Mais aujourd'hui, cet élevage familial est en quasi disparition ; avec le tuage du cochon disparaît l'une des traditions assurant la cohésion et la solidarité de la communauté en maintenant, dans la joie, les rapports et les devoirs de voisinage.

La plupart du temps, c'était un animal élevé sur place par la fermière qui s'occupait pratiquement seule de sa nourriture en lui donnant les épluchures des légumes. Mais nourri à la châtaigne, un cochon gagnait, paraît-il, un kilogramme par jour ! Plus simplement, on utilisait aussi un mélange de farine de châtaigne et de son, c’était le barbotage ; le menu des cochons était aussi composé de pommes de terre cuites. Les cultivateurs leur en donnaient les derniers mois de l'engraissement, faisant cuire les pommes de terre et additionnant chaque ration d'une certaine quantité de farine d'orge ou de repasse.

À cette époque, on préférait des cochons gras ; un animal de moins de 200 kg était considéré comme une mauvaise bête. Ajoutons ici que, là où le chêne était présent, la glandée permettait elle aussi d'engraisser les cochons. Enfin, avec l'exode rural et la montée des textiles artificiels, les mûriers avaient périclité ; certains étaient encore conservés pour la récolte de la feuille qui, une fois séchée, entrait dans l'alimentation des bêtes en cours d'engraissement. […]

 

Extrait d’un article du Cévennes Magazine n° 2408 du samedi 5 septembre 2026 disponible chez votre marchand de journaux ou en commande sur notre site internet.