QUE LA MONTAGNE EST BELLE, suivi de L’ŒUVRE D’ARBRE Thierry RIBALDONE
   18/06/2026
QUE LA MONTAGNE EST BELLE, suivi de L’ŒUVRE D’ARBRE Thierry RIBALDONE

QUE LA MONTAGNE EST BELLE, suivi de L’ŒUVRE D’ARBRE

Thierry RIBALDONE

 

QUE LA MONTAGNE EST BELLE,                                                                               

À la chanson du Cévenol ardéchois

 

Qui ne connaît pas le Pic Saint-Loup, mais qui connaît Ranc de Banes ? Ses riverains, bien sûr, et les habitants des communes proches. Il faut avouer que le Val de Montferrand, avec l’arc-en-terre que se renvoient le Pic Saint-Loup et la Montagne d’Hortus, offre un spectacle naturel d’une beauté grandiose. Si l’on y ajoute les ruines célestes des deux châteaux qui s’y accrochent - Montferrand l’épiscopal et La Roquette le royal - on frôle la perfection paysagère. Que l’on dépasse aisément en contemplant les parcelles de vignes qui verdissent le fond de la vallée. Dès que l’on y entre en venant de Mas-de-Londres, c’est dans Brigadoon que l’on pénètre.

Mais connaissez-vous Ranc de Banes ? De Ganges prendre la route de Sumène qui suit les méandres du Rieutord, bordés de hautes falaises calcaire, truffées de grottes. Certaines furent occupées aux temps préhistoriques, d’autres au cours des guerres de Religion à répétition qui saignèrent le pays pendant deux siècles. Ranc de Banes ne se laisse pas voir au premier abord, ne joue pas les « stars » - involontairement, certes - comme le Pic Saint-Loup, visible a des lieues à la ronde. Il faut arriver à Sumène pour le contempler dans tout son élan. Un dyke de 713 mètres assis sur un accordéon de barrices infranchissables qui ne concèdent que de rares sentiers pentus - voir abrupts - aux marcheurs chevronnés.

La première fois que je l’ai gravi, j’avais 13 ans, ma sœur 11, notre oncle 28. C’était en juillet 1962. Première tentative, premier échec : impossible de trouver une faille praticable dans les barrices. Pas pour les novices. La seconde fut la bonne : la petite route partait de la gare, suivait la voie ferrée en contrebas, passait dessous, et le sentier qui lui succédait s’élançait dans la montagne. Au bout de quelques centaines de mètres, vue unique sur le canyon du Rieutord et ses deux riverains : la route et la voie ferrée. Peu ou pas d’eau dans la rivière, mais des rails sur les viaducs et dans les tunnels, avec une Micheline à la sauvette. […]

 

Extrait d’un article du Cévennes Magazine n° 2397 du samedi 20 juin 2026 disponible chez votre marchand de journaux ou en commande sur notre site internet.