La Mouleyrette
« La vie me paraît longue comme une enfance. » Albertine Sarrazin
Par Fabienne Sartori
Pourquoi les Cévennes ? C’était la question posée par les journalistes aux Néo-Cévenol(e)s, 20 ans après les tentatives de retour à la terre de l’après 1968…
Enfant, je n’ai connu de cette époque que les échos d’un folklore, quand architectes et enseignant(e)s venaient s’installer au pays, rêvant de larges espaces et d’un retour à la terre, fabriquant pour vivre des fromages de chèvre et des abat-jour artisanaux…
Mes premières vacances m’avaient portée sur les rives de la Méditerranée, de Palavas à La Ciotat. Les jours ordinaires se déroulaient à Nîmes, entre les vieilles pierres de la ville antique et le ciment des périphéries. N’étant pas cévenole, ni protestante, ni propriétaire d’une demeure familiale, ni agricultrice ou épouse d’agriculteur, j’aurais du mal à expliquer mon attachement à ce paysage. Comment expliquer l’attachement à un pays dont on n’est pas native ? Quels liens mystérieux nous fixent à des paysages ?
Dans mon cas, les colonies de vacances ont joué un rôle décisif. Nous partions début juillet de la ville chauffée à blanc, le cœur serré en embrassant les parents, puis le cœur à la renverse quand le bus chargé d’enfants et de bagages abordait une série de virages redoutables. […]
Extrait d’un article du Cévennes Magazine n° 2377 du samedi 31 janvier 2026 disponible chez votre marchand de journaux ou en commande sur notre site internet.
